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ACTUALITÉ


IMGP6552AEn résidence en Janvier, Février et Mars 2012

> DANSE CONTEMPORAINE / Festival CDC
-A-  ou il a sûrement peur de l'eau, le poisson
création chorégraphique et musicale
Betty Tchomanga, danse   
Romain Mercier, musique




Photo_Gilles_Vidal_-_You_need_a_coach_my_friend_-_WEB> THÉÂTRE - PERFORMANCE  
YOU NEED A COACH MY FRIEND de Anne Lefèvre
Collaboration artistique Coraline Lamaison
Anne Lefèvre, comédienne performeuse
Jacky Mérit (éOle),  musicien performeur

Création Vidéo Enrico Clarelli - Scénographie Jérôme Souillot
Création lumières
Cyril Monteil
Photo Gilles Vidal
MARS 2008
Identité culturelle du Théâtre Le Vent des Signes

de ses finalités…

Lieu de convergences / confluences
Lieu rive gauche de la Ville de Toulouse, situé dans le périmètre du Centre d'Art Contemporain et du Théâtre Garonne
Lieu sur le champ de l'expérimentation
Lieu Laboratoire/prise de risque/axé sur la recherche d'un dire mieux à l'autre/le spectateur

Lieu-salle intime à la jauge confidentielle (99 places) toute tendue-ouverte vers la sollicitation active des singuliers, la rencontre des intimes entre eux. Lieu-espace-temps dédié à l'accueil de l'être autour d'œuvres mobilisantes. Interrogeantes. Parlantes à l'homme de l'homme. De lui, de soi, de l'autre. Parlantes des voies à imaginer et mettre en œuvre pour que recule la barbarie.
Lieu préoccupé que ces temps de rencontre autour d'une proposition artistique participent de quelques résolutions de l'être à ses problématiques apparemment sans issue (catharsis). De vivant à vivant. Yeux faces. Ouverts vers. Artistes en adresse à l'être présent.

Lieu identifié non comme un lieu de diffusion mais comme un lieu d'expérimentation, où l'enjeu n'est pas le spectaculaire.
Spectaculaire et société du spectacle ; spectaculaire et spectacle, spectaculaire et spectateur…
Quelle place le spectaculaire assigne-t-il véritablement au spectateur, à l'être, à l'autre ?
En quoi le spectaculaire se soucie-t-il de l'aujourd'hui de l'individu en relation avec l'hier et pour quelles perspectives de quel demain à imaginer ensemble ? Ne se contente-t-il pas, ne se satisfait-il pas seulement d'engendrer l'adhésion populaire massive à ses seules propres fins de maintien ?
En quoi le grand nombre que d'aucuns appellent le grand public ne peut-il bénéficier de manifestations populaires fondées sur une réelle démarche artistique non spectaculaire, une démarche de sens où ses émotions et sa pensée seront activement sollicitées au travers de formes nouvelles ? Pourquoi les confine-t-on à des formes familières, dûment repérées au prétexte qu' " ils " ne sont pas prêts à accueillir des formes nouvelles ? Il est nombre de formes nouvelles que je ne suis pas davantage prête à valider parce que creuses, déprises de pensées, en seule adéquation pseudo-intellectuelle-branchée avec la tendance de bon ton du moment : ces formes relèvent bien trop souvent d'une auto satisfaction narcissique de leur " auteur " plutôt que du souci d'un réel apport au monde. Combien d'artistes dits innovants marqueront notre humanité ?
Pour moi la forme est langue, la forme est dire et par cela même non opposable au fond à l'inverse de l'utilisation qu'en font les acteurs du spectaculaire.

Lieu d'expérimentation de la musique improvisée et des écritures contemporaines.
Il s'agit de rencontres résolument tournées vers l'exploration du rapport entre les musiques improvisées et les écritures contemporaines ; entre théâtre et littérature. Rapports qui en quelques années se sont tellement distendus. Il s'agit d'explorer la fusion / friction du texte et de la musique ; et par le frottement / déploiement de ces langues, par leur confrontation portée à haute température… de s'armer ensemble en pensées. Tenter d'éclairer d'une lumière nouvelle, forcément décalée, ce monde qui s'en-désastre. Acter la résistance à travers des partages toniques les uns avec les autres, spectateurs et actants en relation gourmande, vivante.

Lieu préoccupé de comment on transmet.
Formation des publics. Formation des spectateurs.
Il s'agit bien de travailler à développer le regard, à affiner notre perception des dires. De convoquer en nous tous nos outils, de les réveiller à leur fonction par l'échange avec des aînés qui continuent à interroger et qui nous pointent/proposent quelques repères à questionner/éprouver.
Celui qui transmet n'a t'il pas pour première tâche de créer les conditions du possible, les conditions de " l'apprentissage ". Mettre en mouvement en nous ce désir d'apprendre. Stimuler notre curiosité. Nourrir notre désir de découvrir. Nous donner à appréhender les outils du sensible : nous accompagner dans l'apprendre à formuler notre regard/ la perception de notre vécu ailleurs du j'ai aimé ou je n'ai pas aimé. Nous inviter à entrer plus avant dans ce qui nous a parlé ou pas ; du par quel endroit de l'autre - l'artiste agissant - nous avons été appelé, touché, mis en mouvement, éclairé à d'autres interstices etc..

Lieu soucieux de ne pas rester dans l'entre-soi : s'il est un axiome dans notre équipe et ceux qui l'accompagnent, c'est bien que l'art n'a pas pour vocation de " rester entre sois " ; entre " sois acquis ", entre " sois initiés ", entre " sois confortés ". Un lieu, au contraire, où l'on interroge la responsabilité de l'artiste envers le public, l'être auquel il destine son ouvrage. Un lieu où effectivement l'entre-soi installé d'artistes convaincus d'eux-mêmes et auto-satisfaits de leurs démarches n'a pas de place. L'abandon de la pensée politique par le monde de l'art est une catastrophe (Bernard Stiegler) est toujours, là, présent en nous.

Un lieu obligatoirement porté par l'exigence et la non-complaisance, la rigueur de la vision, de l'implication de l'artiste au monde, au même titre que chacun en sa fonction (boulanger, médecin, ingénieur, avocat, maçon…) contribue à dessiner tel ou tel monde. Comment l'artiste au seul prétexte de son art (supérieur ???) en serait-il exempté ?

Lieu de résidence d'artistes : lorsque nous accueillons des artistes en résidence d'exploration et de recherche, en vue de l'élaboration d'une future création, nous accueillons une démarche, une vision de l'humanité, un souci du monde tel qu'il va, un dire de cette responsabilité à ce monde, au sein même de nos pratiques artistiques. Accueillir des artistes en résidence requiert de notre part la même " exigence " que celle dont procède la programmation des spectacles accueillis en diffusions. Nous ne mettons pas des murs à la disposition des artistes : nous sommes parties prenantes de leurs recherches ; nous leur offrons sciemment un temps-lieu de silence et de discrétion pour qu'ils opèrent les longues explorations troublantes, nécessaires à l'œuvre à mûrir : terres nouvelles à découvrir, fouler, retourner, ensemencer, apprivoiser, soigner. Terres, sols, espaces : fenêtres entrevues d'un jardin que l'on voudrait signifiant. Il y faut ce temps dédié d'attentions et vigilances appropriées, de manoeuvres et technicités à acquérir. Il y faut simplement ce temps de revenir encore et encore sur le métier jusqu'à temps que le fruit enfin proposé à l'autre puisse lui être d'un apport - matière à cheminer.

Anne Lefèvre

 
Le vent des signes