Le projet artistique

Le Vent des Signes déborde le théâtre afin d’offrir un socle de création à des artistes du spectacle vivant : pour faire entendre les expérimentations les plus pointues de la création musicale contemporaine, pour accompagner des voix puissantes de la littérature contemporaine, pour soutenir les écritures de plateau performatives, pour mitonner des rencontres entre les arts exigeants et des habitant·es peu familiers des arts. Ou, en moins de mots : faire surgir et donner de l’espace et des moyens à des créateurs singuliers et, ainsi, à nos imaginaires. 

Le Vent des Signes, c’est 25 années de cheminement… un espace d’expérimentation engagé, indocile, libre où faire résonner les écritures au-delà de toutes frontières artistiques, un lieu incubateur dynamique et atypique, où prendre du recul, débrider et mixer les pratiques, où oser et expérimenter sans impératif de rentabilité ou de présentation. Un lieu rigoureux, mais à l’écoute du monde et des besoins singuliers. Un lieu du vivre artistique.

Concrètement, le lieu organise et porte :
des résidences d’artistes cousues main, à durée variable, de plusieurs semaines à plusieurs mois, pour accompagner dans leurs écritures :
-des auteurs phares de la littérature d’aujourd’hui comme Charles Robinson, Valérian Guillaume, Mael Guesdon, Milène Tournier et des écrivaines émergentes comme Mathilde Meert et Manon Gineste
-des créateurs sonores,
expérimentateurs sonores aiguisés de notre temps comme François Donato et Joan Cambon
-des réalisateurs et graphistes comme Loran Chourrau, observateur curieux et sensible du monde d’aujourd’hui
-des artistes qui creusent les esthétiques performatives. Ainsi tout dernièrement, six jours d’exploration joyeuse, fructueuse, intense entre le scénographe New-Yorkais Phil Soltano, l’acteur Steven Wendt et leurs pendants français Aurélien Bory et Stéphane Dardé. Six jours de labo réjouissant à la faveur d’un partenariat avec le théâtre Garonne, acteur de tant d’évènements co-produits ensemble (concerts, résidences, festival L’histoire à venir), depuis des années.
Quel rapport entre une scène européenne et notre espace de recherche et de création aux dimensions modestes ? L’intimité de l’espace, les œuvres et les esthétiques qui nous animent.

un cycle de programmation musicale à la pointe de ce qui se fait de plus fou, étonnant, libre dans le domaine. En partenariat depuis 10 ans avec le GMEA Centre national de la création musicale Albi-Tarn, via le programme IN A LANDSCAPE, pour faire entendre des musiques exigeantes aux habitant·es de la région, accompagner l’émergence de nouvelles formes musicales.
Quel rapport entre un Centre National de Création Musicale doté de moyens financiers conséquents et notre structure aux dimensions modestes ? Notre goût commun, manifeste, pour ces écritures musicales surprenantes, décalées, pointues, excitantes, réjouissantes. Notre désir commun de les faire découvrir à un large public.

une recherche dans la durée autour de la production d’images photographiques et vidéographiques, véritable archive de la création contemporaine, dans un partenariat avec l’artiste Loran Chourrau. Les créations, performances, rencontres, ateliers, sont captés, fouillés, sublimés par un geste artistique qui permet de redonner la substance et l’énergie de ces moments à un public plus large, grâce à l’invention de formats courts, incisifs, inventifs, subtils, qu’il s’agisse d’affiches, de brochures, de créations-vidéo ou même d’expositions.
Quel développement à cette recherche ? L’envie de créer un film à part entière, dans le cadre du projet participatif au long cours “Territoires d’Outre-Vie”, pour accorder à des anonymes le traitement habituellement réservé aux « héros », non par exaltation, mais parce que toute vie porte en elle la puissance du singulier.

Seul, on n’est rien, dit un enfant dans Les Yeux de Philippe Motta.
Avancer ensemble. Partager ensemble nos questions et visions respectives, remettre au centre des enjeux la question des contenus artistiques, la relation au public, le soutien aux artistes et à la création, la convocation des publics autour d’œuvres qui dessillent le regard, consolent ou stimulent, fouillent des horizons neufs, renouvellent, réenchantent notre rapport au monde.

 Anne Lefèvre, directrice artistique

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Le Vent des Signes – scène conventionnée par la Ville de Toulouse (2011), par le Conseil Départemental de la Haute-Garonne (2017), par le Ministère de la Culture / DRAC Occitanie Atelier de Fabrique Artistique (2018), par le Conseil Régional Occitanie / aide à la saison (2020) est  un lieu incubateur dynamique et atypique, où prendre du recul, explorer les fonds, dégrafer les horizons.

Genèse du projet
c’est la nécessité de créer un lieu-espace d’exploration et de création axé sur la préoccupation du sens de l’être et du monde dont il participe – qui conduit Anne Lefèvre (actrice, metteuse en scène) à acheter en 1999, un hangar oublié en plein cœur du quartier Saint-Cyprien.
4 ans de travaux, de solidarité entre professionnels du bâtiment et bénévoles ardents et, en 2003, le Théâtre Le Vent des Signes ouvre ses portes.