Le Projet

En ces temps où nous n’avons pas (?) le temps de prendre le temps, c’est la nécessité de créer un lieu-espace d’exploration et de création axé sur la préoccupation du sens de l’être et du monde dont il participe – qui conduit Anne Lefèvre (actrice, metteuse en scène) à acheter en 1999, un hangar oublié en plein cœur du quartier Saint-Cyprien.
4 ans de travaux, de solidarité entre professionnels du bâtiment et bénévoles ardents et, en 2003, le Théâtre Le Vent des Signes ouvre ses portes.

Le Vent des Signes… un lieu porté par le frémissement de la langue, des langues (musique, verbe, corps, image), le  souci d’adresse à l’être en son singulier.
On est en pleine obscénité : on montre et surmontre à tout rompre. On repousse sans cesse les limites de l’intime et du privé sans que la question véritable du singulier ne soit jamais réellement posée.
Autrement dit, à quelle société de demain œuvrons-nous ensemble à travers les actes individuels et collectifs que nous posons aujourd’hui ?

En ces temps où l’ordre économique est premier, en ces temps où le quantitatif prime sur le qualitatif… proposer un espace où respirer, être bousculés, s’interroger, souffler… un lieu où questionner nos cheminements à travers le geste artistique, dans l’ici et le maintenant de notre inscription dans la cité.

/

Le Vent des Signes – scène conventionnée par la Ville de Toulouse depuis 2011, par le Conseil Départemental de la Haute-Garonne depuis 2017 et par le Ministère de la Culture / DRAC Occitanie depuis 2018 – « Atelier de Fabrique Artistique », est un espace d’expérimentation engagé, indocile, libre où faire résonner les écritures au-delà de toutes frontières artistiques,  un lieu incubateur dynamique et atypique, où prendre du recul, explorer les fonds, dégrafer les horizons.

L’abandon de la pensée politique par le monde de l’art est une catastrophe.
Bernard Stiegler

Nous avons besoin de contreforts humains. Nous avons besoin de cette amitié attentive pour pousser plus fort – et peu importe qu’il s’agisse de parler ou d’entendre, de questionner ou de répondre, de danser ou de voir, de gratter une corde ou recevoir la vibration – peu importe car tout cela forme une même opération, politique, éthique, esthétique, appelons-la accordage, qui consiste à ajuster des intensités et des diapasons.
Charles Robinson