<Territoires d’Outre-Vie
Il a inauguré les premières bourrasques

Dans le cadre du merveilleux et improbable projet Territoires d’Outre-Vie, Valérian Guillaume a inauguré les bourrasques des toutes premières rencontres en tête à tête entre des écrivain·es et des gens de tous horizons, âges, métiers, pays, villes, histoires. Il en est sorti ALBUM, un étonnant recueil de 5 textes écrits par Valérian, dans sa langue qui danse, à l’issue de ses 5 rencontres avec 5 personnes de Sète. 5 récits-portraits, 5 textes-poèmes uniques, avec Pierre Tilman, Agnès Rosse, Jean-Louis Lambert, Patrick Thamalet, Joël Coeffic. Les Sétois·es les reconnaîtront et les redécouvriront dans l’art de la langue de Valérian Guillaume, les autres les rêveront et les rencontreront.

Nous avons invité l’artiste Loran Chourrau a imaginé le graphisme de ce recueil. Photos à déchirer le ciel ! Visages à tutoyer les étoiles ! Merveille !

Dans le sillon de ces 5 premières rencontres-récits inauguraux, Valérian Guillaume a créé la performance au titre évocateur « J’ai appris à appeler les nuages ». Avec à ses côtés, le merveilleux créateur sonore François Donato et 9 fabuleux·ses participant·es. ALBUM a magistralement ouvert la route de Territoires d’Outre-Vie, peur au ventre, brouillard à 10 mètres,

Nous avions l’idée d’une direction, par-là, par là-bas, par eux et elles, vers eux et elles, nous avions un début d’équipage, nous savions intuitivement que nous cherchions de l’or, nous savions intuitivement que nous voulions rencontrer et reconnaître le précieux, ce qui nous fait homme / femme de plus d’humanité, nous savions intuitivement que nous voulions tutoyer l’alchimie, convoquer en chacun·e le soleil, la lune et les étoiles, le souffre et le mercure, nous approcher des profondeurs de chacun·e, célébrer ses mystères, poser nos mots sur ses lumières.
ALBUM a ouvert l’aventure vertigineuse. Valérian Guillaume en a posé les pierres inaugurales, on sait l’importance des fondations.

Et le voyage inaugural vient de se poursuivre pendant deux ans avec Milène Tournier. Tandis que Valérian débarquait, mission accomplie, pour poursuivre ses œuvres – bon vent camarade toujours là - Milène embarquait, cap devant, abordait les îles et les courants, poussait les voiles entre les houles, courageuse, élégante, entre l’air et l’eau, les corps et les âmes, aile verticale entre ciel et terre embrasse les vents et les flux. Ce furent 100 haltes, 100 rencontres en face-à-face, 100 récits-poèmes qui prirent le nom de DévisagerAimer. Ils seront bientôt un livre à paraître chez Gros Texte, au printemps 2026.

Cet été 2026, nous tournerons le film « Nous étions sans maques et quelque chose a tremblé » à Toulouse, Sète et Montpellier, avec Milène Tournier, Loran Chourrau, Anne Lefèvre et le romancier Charles Robinson qui écrira la voix off des 1000 vies inventées de ceux et celles que nous y retrouverons.

Depuis 2024, Milène Tournier a rencontré plus d’une centaine de personnes en tête à tête et en a écrit des portraits. Aujourd’hui nous avons le désir de mettre en image certaines de ces rencontres au travers dun dispositif contemplatif et dynamique propice aux échanges. Une quinzaine retrouveront Milène à cette occasion dans le personnage de la Voyante Magnifique.

La Voyante Magnifique est silencieuse. Face à elle, les personnes ont la liberté de se laisser regarder en silence ou d’exprimer leurs histoires. Nous voulons par les moyens du cinéma sculpter les facettes inouïes de ces inconnu·es, filmer quelqu’un qui regarde intensément et fait de son regard un principe actif, créatif, nourricier. Pour en manifester les qualités et déplacer nos perceptions de l’autre. Pour étonner, décaler, surprendre et outrepasser nos ressentis-réflexes.

Une fois le tournage passé, les images montées sont livrées à l’écrivain Charles Robinson qui n’aura rien vu, ni su de ces moments passés ensemble. De son regard neuf et sensible il écrit, en voix off, la voix intérieure de la Voyante Magnifique. Il saisit l’unique de chacun, son intimité, sa singularité, ses doutes et ses troubles d’être en vie, et libère une foultitude d’univers possibles pour chacun·e. Baroques, farfelus, fantastiques, surréels, magiques, féeriques.

Nous voulons accorder à des anonymes le traitement habituellement réservé aux « héros ». Non par exaltation, mais pour rappeler que toute vie porte en elle la puissance du singulier. Filmer un·e inconnu·e avec la gravité d’une icône devient un geste à la fois profane et sacré. C’est donner aux traces ordinaires la dignité du muséal, rendre visible l’infinie valeur du simple fait d’exister.

Ce matin, 1 an ½ plus tard, j’ai remis ALBUM de Valérian Guillaume à trois « anciens » de Sète, agrégé de français, rugbyman-écrivant-chef d’entreprise, employé au service maritime et navigation Languedoc Roussillon / président du comité d’action locale (CLAS), trois êtres de traversées intenses, fascinantes – trois qui auraient pu figurer à coup sûr dans ALBUM. À vous croiser cet été 2026, à Toulouse, Sète et Montpellier.

À remercier nos tutelles sans le soutien desquelles cet œuvre singulière, hors les clous des appels à projets (et pourtant) ne pourrait pas rencontrer autant de personnes et de publics en dehors des circuits plus conventionnels. De l’artistique exigeant qui procède du « un à un » et se poursuit et se déploie en publications, performance et films.
Production  Le Vent des signes Avec le soutien de DRAC Occitanie  (Toulouse et Montpellier), Ville de Toulouse, Conseil départemental de la Haute-Garonne, Région Occitanie, La Chartreuse Villeneuve-Lez-Avignon

Anne Lefèvre
05.03.2026